Le Bouddha de la Sagesse, protecteur de la tradition de Djé Tsongkhapa
La lignée spirituelle

Bouddha Shakyamouni

Bouddha Mandjoushri

Djé Tsongkhapa
Le Bouddha de la Sagesse
Dordjé Shougdèn

Pabongkha Rinpoché
(1878-1941)

Tridjang Rinpoché
(1901-1981)

Song Rinpoché
(1904-1984)

Guéshé Kelsang Gyatso
(Née en 1931)
Les incarnations précédentes de Dordjé Shougdèn
Tagpo Kelsang Khédroub Rinpotché, qui était un maître très accompli, a composé les deux versets suivants sur Dordjé Shougdèn :
Avec une foi profonde je me prosterne devant toi,
Vajradhara Dordjé Shougdèn.
Bien que tu aies déjà atteint la terre de bouddha
Et que tu accomplisses les vingt-sept actions d'un bouddha,
Tu apparais sous diverses formes pour aider le bouddhadharma et les êtres sensibles.
Tu t'es manifesté sous différents aspects,
Sous la forme de maîtres indiens et tibétains,
Tels que Mandjoushri, le mahasiddha Biwawa, Sakya Pandita,
Bouton Rintchèn Droub, Douldzine Dragpa Gyaltsèn, Pantchèn Sonam Dragpa et beaucoup d'autres.
Le sens du premier verset est très clair. Les vingt-sept actions d'un bouddha sont expliquées dans les Soutras de la perfection de la sagesse et dans le huitième chapitre d'Ornement pour la claire réalisation de Maitreya. Ces vingt-sept actions vont de montrer aux êtres sensibles comment entrer dans la voie spirituelle de la libération, jusqu'à les guider afin qu'ils atteignent l'accomplissement final de la bouddhéité. Puisque Dordjé Shougdèn effectue ces vingt-sept actions, il est clair qu'il est un bouddha.
Pour guider les êtres sensibles sur la voie spirituelle, Dordjé Shougdèn manifeste de nombreux aspects différents. Parfois, il apparaît sous un aspect paisible, parfois sous un aspect courroucé, parfois sous l'aspect d'une personne ordonnée, d'un laïc, d'un bodhisattva, d'un hinayaniste, d'un nonbouddhiste et parfois même sous l'aspect d'un non-humain. Puisqu'il y a tant d'émanations différentes des bouddhas, il est difficile de dire qui est une émanation et qui n'en est pas une. La seule personne dont nous puissions le dire avec certitude, c'est nous-mêmes. Nous savons si nous sommes un être sensible ou un bouddha, mais pour les autres nous n'en savons rien.
Chaque bouddha a la capacité de manifester autant d'émanations qu'il y a d'êtres vivants. Cette capacité est nécessaire, car si les bouddhas restaient sous une seule forme, sans aucune émanation, ils ne seraient pas capables d'aider tous les êtres vivants selon leurs différents besoins. Aussi, si nous refusons de croire qu'un bouddha peut avoir de nombreuses émanations différentes, nous maintenons de façon indirecte la vue erronée qui nie que les bouddhas peuvent aider tous les êtres vivants. Bouddha Shakyamouni dit dans le Soutra de la rencontre du père et du fils :
Les bouddhas se manifestent sous de nombreux aspects différents, tels que Brahma, Indra et parfois même sous la forme de maras ou sous l'aspect d'une personne méchante – mais les êtres mondains ne reconnaissent pas ces émanations.
Les bouddhas peuvent même se manifester en tant qu'objets inanimés. Un jour, le grand maître indien, Phadampa Sangyé, fit un voyage au Tibet. Quand Milarépa entendit parler de la visite de ce grand yogi, il décida de mettre ses réalisations à l'épreuve. Il alla jusqu'à la frontière et attendit l'arrivée de Phadampa Sangyé. Quand il le vit arriver, il se transforma en fleur pour voir si Phadampa Sangyé aurait la clairvoyance de le reconnaître sous ce déguisement. Phadampa Sangyé passa droit devant lui, semblant ne pas être conscient de sa présence. Milarépa pensa alors « Ce soi-disant yogi n'a aucune clairvoyance », sur quoi Phadampa Sangyé fit demi-tour et donna un coup de pied à la fleur. « Lève-toi Milarépa ! » dit-il, et Milarépa, ravi de découvrir que Phadampa Sangyé était un être réalisé authentique, se leva d'un bond sous sa forme habituelle pour le saluer.
Comme le disait Tagpo Kelsang Khèdroub Rinpotché, Dordjé Shougdèn s'est manifesté sous de nombreuses formes différentes pour aider les êtres vivants. Nous allons à présent faire un court récit de chacune des incarnations passées de Dordjé Shoudgdèn, mentionnées dans le verset cité plus haut.
MANDJOUSHRI
À l'époque de Bouddha Shakyamouni, Dordjé Shougdèn est apparu sous la forme du Bodhisattva Mandjoushri, l'un des principaux disciples de Bouddha. Mandjoushri avait en réalité déjà atteint la pleine illumination dans une époque antérieure, longtemps avant l'époque de Bouddha Shakyamouni. Bouddha explique, dans le Soutra révélant la demeure de Mandjoushri, que, dans un passé lointain, Mandjoushri avait mené à terme la voie du bodhisattva et atteint l'illumination dans son pays pur en devenant un bouddha appelé « Tathagata Lampe des Nagas ». Dans le même soutra, Bouddha décrit également les nombreux différents pays de bouddhas de Mandjoushri et comment celui-ci manifeste d'innombrables émanations pour aider les êtres sensibles.
Bien que Mandjoushri se soit montré sous l'aspect d'un disciple de Bouddha, il avait un grand pouvoir pour aider les êtres sensibles. Des gens venaient parfois voir Bouddha pour qu'il les aide et leur donne des conseils, mais Bouddha les guidait vers Mandjoushri parce qu'ils avaient un lien karmique plus fort avec lui. Certains avaient une relation si forte avec Mandjoushri que, grâce à ses bénédictions et à son habileté, ils étaient capables de développer de très puissantes réalisations en ne faisant presque aucun effort.
Une de ces personnes fut le roi Adjatashatrou qui avait commis deux actions particulièrement négatives : il avait tué son père et avait violé une nonne pleinement ordonnée qui était également un être supérieur. Les conséquences de telles actions sont effroyables. Dans les Soutras du vinaya, de telles actions sont appelées « les actions à rétribution immédiate », car quiconque les commet renaîtra sans aucun doute dans l'un des règnes de l'enfer immédiatement après sa mort. Selon les Soutras du vinaya, il est impossible d'empêcher une telle renaissance, bien qu'il soit possible d'en raccourcir la durée. Selon les soutras mahayanas, ces graves actions négatives peuvent toutefois être purifiées si les opposants corrects sont appliqués avec pureté.
Le roi Adjatashatrou éprouva de grands remords pour ses actions négatives et demanda à Bouddha de lui donner une méthode spéciale pour les purifier. Bouddha enseigna le Soutra pour l'élimination du regret d'Adjatashatrou, puis il suggéra au roi de chercher à recevoir l'aide du Bodhisattva Mandjoushri. Dès qu'il entendit ce conseil, Adjatashatrou eut immédiatement une grande foi en Mandjoushri. Il l'invita chez lui pour un banquet et, après le repas, il se leva pour lui offrir une cape d'une très grande valeur, mais Mandjoushri disparut juste au moment où il lui présentait ce vêtement. Après cela le roi resta perplexe : « Qui est Mandjoushri ? Où est Mandjoushri ? » En réfléchissant à cela, il réalisa qu'il ne pouvait pas trouver un Mandjoushri réel qui existe vraiment, et il arriva très près de la compréhension de la vacuité. Puisque Mandjoushri avait disparu, le roi décida d'essayer la cape lui-même, et alors qu'il la mettait sur ses épaules, il commença à se poser les mêmes questions à propos de lui-même : « Qui suis-je ? Où suis-je ? Qui est le roi ? Où est le roi ? » Étant totalement incapable de trouver un réel soi qui existe vraiment, ou roi qui existe vraiment, il arriva à comprendre la vacuité. Puis il se mit à méditer et atteignit rapidement une réalisation directe de la vacuité, devenant ainsi un être supérieur sur la voie de la vision.
Selon les enseignements hinayanas, une personne qui a commis une des cinq actions à rétribution immédiate ne peut pas devenir un être supérieur au cours de cette même vie, mais le point de vue mahayana est différent. À la suite des bénédictions de Mandjoushri, le roi Adjatashatrou devint capable de purifier son lourd karma négatif et d'atteindre la voie de la vision. Mandjoushri a effectué beaucoup d'autres actions remarquables semblables à celle-ci.
LE MAHASIDDHA BIWAWA
Plus tard, pour que le bouddhadharma s'épanouisse, Mandjoushri prit naissance sous la forme du mahasiddha Biwawa. Biwawa est né en Inde, à l'est de Bodh Gaya, et entra très jeune au monastère de Nalanda. Bien qu'il fut une émanation de Mandjoushri et par conséquent un être pleinement éveillé, Biwawa étudia et pratiqua les enseignements de Bouddha au monastère de Nalanda pour donner une démonstration parfaite de la manière de pratiquer la voie de la libération et de l'illumination. Le jour, il étudiait et méditait sur les enseignements du soutra, et la nuit il pratiquait les yogas du Tantra de Hérouka. Grâce à la pureté de sa pratique, il put voir directement Vajrayogini et sa suite. Chaque fois qu'il faisait des offrandes de tsog, Vajrayogini venait dans sa chambre accompagnée de quinze autres dakinis – avec lesquelles il avait une relation karmique particulièrement forte – pour participer au festin.
Malheureusement, les autres moines de Nalanda ne pouvaient pas reconnaître Vajrayogini et les dakinis, ils ne voyaient que des femmes ordinaires. Croyant qu'il rompait ses vœux d'ordination, ils devinrent très critiques et le surnommèrent « Biwawa » ce qui signifie « mauvais homme ». Pensant que le comportement de Biwawa donnait une mauvaise réputation au monastère, ils lui demandèrent de partir. Bien que Biwawa n'ait jamais rompu un seul de ses vœux de vinaya, il accepta de quitter Nalanda et dit : « Oui, je suis un mauvais homme, je partirai. » Il rendit ses robes, les échangea contre des habits de laïc et quitta le monastère. Puis il se mit à marcher de place en place comme un mendiant pauvre et sans foyer.
Il alla tout d'abord dans une région près de Varanasi où il vécut dans une grotte tout au fond de la forêt. Le pays appartenait à un roi non bouddhiste qui éprouvait une haine intense à l'égard des bouddhistes. Un jour, le roi rencontra Biwawa et l'invita dans son palais, mais ayant appris que Biwawa était bouddhiste, il ordonna à ses serviteurs de le tuer. Les serviteurs essayèrent tout d'abord de le noyer, mais ils ne réussirent pas à le soulever pour le jeter dans la rivière. Puis ils essayèrent de l'enterrer vivant, mais il réapparut le lendemain sain et sauf. Finalement, ils essayèrent de le brûler, mais là encore il s'en sortit indemne. Lorsque le roi vit que Biwawa pouvait se protéger grâce à ses pouvoirs miraculeux, il eut une foi très forte en lui et dans le bouddhadharma. Lui et ses sujets se convertirent au bouddhisme et devinrent des disciples de Biwawa. Cela accomplit une prédiction faite par un astrologue au moment de la naissance de Biwawa. Elle dit qu'il serait très puissant et que grâce à la démonstration de ses pouvoirs miraculeux, il ferait entrer beaucoup de personnes dans le bouddhadharma.
Quelque temps plus tard, Biwawa alla plus au sud jusqu'au Gange. Lorsqu'il arriva au bord du fleuve, il demanda au passeur de le faire traverser, mais le passeur refusa parce que Biwawa n'avait pas d'argent pour le payer. Biwawa déclara : « Puisque ce fleuve coule continuellement, il est peut-être fatigué et aimerait prendre un peu de repos. » Et il sépara les eaux et marcha jusqu'à l'autre côté. Le passeur en fut abasourdi et demanda à Biwawa qui il était. Biwawa lui raconta une petite partie de sa vie, sur quoi le passeur généra une grande foi et demanda s'il pouvait devenir l'un de ses disciples. Biwawa l'accepta en tant que disciple et lui donna de nombreux enseignements. Le passeur pratiqua avec assiduité et devint finalement un yogi très accompli, appelé Drombi Hérouka, l'un des quatre-vingt-quatre mahasiddhas.
Continuant son voyage, Biwawa arriva dans une ville où il fit une halte dans une taverne. Après avoir bu quelques verres, la patronne lui demanda de régler ses consommations, mais Biwawa répondit qu'il n'avait pas d'argent. La patronne se mit en colère et le menaça : « Tu as jusqu'au coucher du soleil pour me payer, sinon j'appellerai les autorités qui te jetteront en prison ! » Biwawa utilisa promptement ses pouvoirs miraculeux pour arrêter la course du soleil et il le tint immobile pendant trois jours entiers. Les gens du pays furent consternés et se demandèrent comment une telle chose pouvait se produire. Ils demandèrent finalement au roi de les aider. Quand le roi demanda à Biwawa ce qui se passait, il répondit qu'il était responsable d'empêcher que le soleil ne se couche. Il expliqua : « Si je laisse le soleil se coucher, je devrai aller en prison. » Le roi rassura alors Biwawa en lui disant que s'il laissait le soleil se coucher, il n'aurait ni à payer ses consommations ni à aller en prison. Biwawa fut enchanté d'entendre cela et permit immédiatement au soleil de poursuivre son voyage à travers le ciel !
Grâce aux actions extraordinaires de Biwawa, de nombreuses personnes eurent foi en lui et en le bouddhadharma. C'est de cette manière qu'il mena beaucoup de personnes sur la voie spirituelle. Lorsque les moines de Nalanda entendirent parler de ses activités, ils eurent un grand regret de l'avoir expulsé et lui demandèrent de revenir au monastère, mais Biwawa déclina leur invitation.
SAKYA PANDITA
Plus tard, Biwawa prit naissance dans l'ouest du Tibet sous la forme du grand lama de la tradition sakya, Satchèn Kounga Gyaltsèn, appelé plus couramment Sakya Pandita. Même les êtres ordinaires reconnurent qu'il était quelqu'un d'exceptionnel. Alors qu'il était un petit enfant, la première langue qu'il parla ne fut pas le tibétain, mais le sanscrit, bien que personne ne le lui ait enseigné. Il était capable de mémoriser des textes même au cours de ses rêves. Un jour il rêva par exemple que le grand pandit indien Vasoubandhou lui donnait des enseignements sur son texte Trésor de l'abhidharma et lorsqu'il se réveilla, il avait mémorisé la totalité du texte qui a environ cinquante pages. Guidé par son gourou, Djétsun Dragpa Gyaltsèn, Sakya Pandita étudia et pratiqua le soutra et le tantra, et devint un grand érudit et un méditant célèbre pour sa sagesse et ses pouvoirs miraculeux.
Le nom de Sakya Pandita se répandit partout, il parvint même jusqu'à l'empereur de Chine. Celui-ci s'intéressa vivement à Sakya Pandita, aussi l'invita-t-il en Chine pour le rencontrer. Il décida de profiter de cette visite pour vérifier si Sakya Pandita avait ou non réellement atteint l'illumination. Il fit venir un magicien qui possédait de grands pouvoirs et lui demanda de manifester un merveilleux palais avec serviteurs, ornements et décorations magnifiques. Les magiciens de cette époque étaient très différents de ceux que nous avons de nos jours en Occident. En combinant leur concentration, la récitation de mantras et des substances spéciales, ils pouvaient manifester des maisons, ou même des villes entières, pendant des jours ou des mois. Malheureusement, ils n'avaient pas le pouvoir de maintenir indéfiniment leurs créations magiques, au bout d'un certain temps ces manifestations devaient disparaître. Pourtant, leurs manifestations semblaient réelles le temps de leur existence et les gens y vivaient sans jamais soupçonner qu'il s'agissait d'illusions créées par magie. L'empereur se dit que si Sakya Pandita avait réellement atteint l'illumination, il ne pourrait pas être trompé par la manifestation d'un tel palais, mais que s'il était quelqu'un d'ordinaire, il penserait probablement qu'il est réel.
Lorsque Sakya Pandita arriva en Chine, l'empereur l'emmena dans ce palais créé par magie et lui demanda ce qu'il en pensait. Sakya Pandita répondit qu'il était très beau. « Pensezvous que ce palais est réel ? » s'enquerra l'empereur, « Oui » répondit Sakya Pandita, « Bien sûr qu'il est réel ». L'empereur en conclut que Sakya Pandita n'était pas véritablement un bouddha, mais simplement un être ordinaire qui trompait les chinois et les tibétains. L'empereur ordonna alors au magicien de réabsorber son émanation, mais lorsque celui-ci essaya de le faire, il se rendit compte qu'il n'y arrivait pas. Sakya Pandita avait à l'insu de l'empereur et du magicien utilisé ses propres pouvoirs miraculeux pour transformer ce palais créé par magie en un palais réel ! Lorsque l'empereur découvrit cela, il fut pris de remords d'avoir eu de telles pensées négatives à l'égard de Sakya Pandita. Il eut immédiatement une grande foi en lui et devint l'un de ses disciples. Il est dit que le palais existe toujours en tant que temple connu sous le nom de « Temple d'émanation ».
BOUToN RINTCHÈN DROUB
Plus tard, Sakya Pandita prit naissance en tant que Bouton Rintchèn Droub. Il naquit dans l'ouest du Tibet près de l'endroit où se trouve à présent le monastère de Tashilhounpo et fut ordonné moine très jeune. Alors qu'il était encore un jeune enfant, ses parents comprirent qu'il était un être exceptionnel. L'enfant parlait souvent avec Mandjoushri aussi naturellement qu'avec d'autres personnes. Sa parole et ses actions montraient clairement qu'il avait déjà atteint la grande compassion et la bodhitchitta.
Bien que Bouton ne fit guère d'effort pour apprendre le sanscrit, il était capable de le comprendre avec beaucoup d'aisance. Il a traduit des textes sanscrits qui n'avaient pas été traduits en tibétain auparavant et a corrigé de nombreuses traductions antérieures. Il devint un très grand et très célèbre lama, un érudit accompli qui possédait la sagesse du soutra et du tantra, et écrivit vingt-six volumes de commentaires détaillés sur des sujets du Kangyour et du Tèngyour. Les œuvres de Bouton sont si étendues que pour les êtres ordinaires il est difficile de les considérer comme un tout et de reconnaître leur signification essentielle, mais elles peuvent être comprises avec clarté en recevant les éclaircissements de Djé Tsongkhapa. Les œuvres de Bouton et de Djé Tsongkhapa sont très proches l'une de l'autre. Il est dit qu'il faut lire les livres de Bouton si l'on veut connaître de nombreuses choses différentes, et qu'il faut lire l'œuvre de Djé Tsongkhapa si l'on veut parvenir à des conclusions claires et précises.
Bouton a surtout souligné la nécessité de pratiquer le bouddhadharma avec pureté. Il montra moins de pouvoirs miraculeux que lors de ses incarnations précédentes, consacrant la plus grande partie de son temps à enseigner et à écrire. À l'époque de Mandjoushri et du mahasiddha Biwawa, les gens avaient généralement plus de mérite et un esprit beaucoup plus pur, et alors les pouvoirs miraculeux étaient souvent très puissants et très efficaces pour faire développer la foi et les autres réalisations. Toutefois, comme les temps dégénérèrent, les gens eurent moins de mérite et leur esprit devint moins pur. Alors pour eux les pouvoirs miraculeux avaient plutôt tendance à avoir l'effet inverse ; ils faisaient naître le doute, le scepticisme, la jalousie et d'autres états d'esprit négatifs au lieu d'états d'esprit purs tels que la foi. Les gens allèrent jusqu'à soupçonner ceux qui montraient leurs pouvoirs miraculeux de s'en servir à des fins égoïstes ou dans un but politique, et ceux qui avaient d'obscurs secrets intérieurs se mirent à craindre qu'ils ne soient percés à jour.
Dans ce genre de situation, ceux qui montraient leurs pouvoirs miraculeux pouvaient parfois être en danger de mort. De plus il y avait le risque de n'attirer que des disciples qui avaient envie d'avoir des pouvoirs miraculeux pour eux-mêmes. C'est pour ces différentes raisons que Djé Tsongkhapa a interdit plus tard à ses disciples de montrer leurs pouvoirs miraculeux. C'est pourquoi les incarnations de Mandjoushri qui vinrent plus tard attirèrent de moins en moins l'attention sur leurs pouvoirs miraculeux et choisirent au lieu de cela d'aider les êtres sensibles en montrant un exemple parfait et en donnant des instructions claires et précises sur la voie de l'illumination. Aussi les êtres réalisés, tels que Sakya Pandita et Bouton Rintchèn Droub, ont montré aux pratiquants comment méditer correctement et comment obtenir l'expérience des étapes de la voie, en les amenant à de profondes réalisations de la concentration et de la sagesse. C'est de cette manière qu'ils domptèrent l'esprit perturbé de leurs disciples et qu'ils les conduisirent hors de la souffrance et jusqu'à un bonheur pur.
DOULDZINE DRAGPA GYALTSèN
Plus tard, Bouton Rintchèn Droub prit naissance dans le Tibet central sous la forme de Douldzine Dragpa Gyaltsèn qui devint l'un des principaux disciples de Djé Tsongkhapa. Il fut, tout comme Djé Tsongkhapa, un pratiquant très pur du vinaya et c'est pourquoi il fut appelé « Douldzine » qui est l'abréviation de « doulwa dzinepa » ou « tenant du vinaya ».
Bien que Douldzine se soit montré sous l'aspect d'un disciple de Djé Tsongkhapa, il était en fait une émanation de Mandjoushri. L'enseignant et le disciple étaient donc tous deux des émanations de Mandjoushri. Du point de vue des êtres ordinaires, cela peut sembler contradictoire, mais en réalité cela ne l'est pas. Lorsqu'il enseignait les soutras et les tantras, Bouddha s'était parfois manifesté en même temps sous la forme de l'enseignant et de ses principaux interlocuteurs qui aidaient au déroulement du discours. Bouddha Vajradhara a dit dans l'un des tantras : « Je suis l'enseignant et je suis le disciple. Je suis celui qui parle et je suis celui qui écoute. » Il y a des tantras qui furent demandés par Vajrapani qui était une émanation de Vajradhara, et dans l'auditoire il y avait souvent de nombreuses autres émanations. Puisque Mandjoushri est un bouddha, il peut également manifester simultanément d'innombrables émanations, il n'est donc pas impossible que Djé Tsongkhapa et Douldzine Dragpa Gyaltsèn aient été ses émanations.
L'activité principale de Douldzine Dragpa Gyaltsèn fut de contribuer à la propagation des enseignements de Djé Tsongkhapa. Il travailla pour écarter les obstacles et rassembler les conditions favorables pour la dissémination de ces précieux enseignements. C'était le désir de Djé Tsongkhapa que ce dharma spécial provenant de la sagesse de Mandjoushri se répande très largement, et ce fut Douldzine, son disciple dévoué, qui travailla sans relâche pour accomplir le désir de son gourou.
Djé Tsongkhapa voyagea énormément pour répondre à ceux qui lui demandaient de venir enseigner et il accomplit aussi de longues retraites dans le but d'écrire et de méditer, et c'était Douldzine qui avait la charge de ses affaires pendant son absence. Ce fut Douldzine Dragpa Gyaltsèn qui organisa, par exemple, la construction du monastère de Gandèn.
Plutôt que de montrer ses pouvoirs miraculeux, Douldzine montrait comment pratiquer le dharma avec pureté en s'en remettant avec sincérité à son guide spirituel, en maintenant une discipline morale pure, et ainsi de suite. Il montra, tout comme Djé Tsongkhapa, qu'il n'y a aucune contradiction entre les pratiques extérieures du vinaya, les pratiques intérieures de la voie du bodhisattva et les pratiques secrètes des étapes de génération et d'accomplissement du tantra du yoga suprême.
Les disciples de Djé Tsongkhapa pensaient que Douldzine Dragpa Gyaltsèn et Djé Tsongkhapa étaient égaux en ce qui concerne leurs réalisations, leurs capacités et leur sagesse. Lorsque Djé Tsongkhapa mourut, son trône fut tout d'abord offert à Douldzine, mais il déclina cet honneur et l'offrit à Gyaltsabdjé en disant : « Il faut que tu deviennes le deuxième tenant du trône de Gandèn. Enseigne le dharma de Djé Tsongkhapa et répands-le très largement. Je contribuerai à la réussite de ton travail en éliminant les obstacles et en rassemblant les bonnes conditions. »
PANTCHÈN SONAM DRAGPA
Plus tard, Douldzine Dragpa Gyaltsèn prit naissance dans le Tibet central et devint un grand lama, connu sous le nom de Pantchèn Sonam Dragpa. Comme Douldzine, il travailla pour éliminer les obstacles à la propagation de la tradition de Djé Tsongkhapa et pour réunir les conditions favorables.
Ce lama fut unique en ce qu'il devint, à différents moments de sa vie, l'abbé du collège tantrique de Gyouto, et l'abbé des monastères de Gandèn, Drépoung et Séra ; et alors qu'il était l'abbé du monastère de Gandèn, il devint également le quinzième tenant du trône de Djé Tsongkhapa. À cette époque, les abbés étaient élus par les moines résidents, et la haute estime dans laquelle Pantchèn Sonam Dragpa était tenu fut démontrée par le fait qu'il fut nommé abbé des quatre principaux monastères. Il fut le seul à recevoir cet honneur.
Pantchèn Sonam Dragpa écrivit de nombreux commentaires sur le soutra et le tantra. Jusqu'à aujourd'hui, les moines de Drépoung Loseling, le plus grand monastère guélougpa, ainsi que ceux de Gandèn Shartsé, se qualifient pour leur titre de guéshé en étudiant principalement les œuvres de ce grand enseignant. Il jouit également d'une grande considération dans d'autres monastères, tels que Séra.
Durant toute sa vie, Pantchèn Sonam Dragpa travailla pour promouvoir la doctrine de Djé Tsongkhapa. Lorsqu'il devint le tenant du trône de Djé Tsongkhapa, il composa la prière suivante :
Afin que la tradition de Djé Tsongkhapa,
Le roi du dharma, puisse fleurir,
Que tous les obstacles soient pacifiés
Et que toutes les conditions favorables abondent.
Quelque temps plus tard, alors qu'il assistait au Monlam Tchènmo, le grand festival de prière, fondé par Djé Tsongkhapa, il composa un verset de dédicace spécial :
Grâce aux deux collections de moi-même et des autres
Rassemblées au cours des trois temps,
Que la doctrine du Conquérant Losang Dragpa
S'épanouisse pour toujours.
Ces prières, qui sont récitées tous les jours après les enseignements et les poudjas dans les monastères guélougpas et les centres du dharma, indiquent que les activités de Pantchèn Sonam Dragpa étaient les mêmes que celles de Dordjé Shougdèn – travailler pour que la doctrine de Djé Tsongkhapa s'épanouisse.
Plus tard dans sa vie, Pantchèn Sonam Dragpa devint le guide spirituel de la réincarnation du premier Dalaï Lama, Djé Guèndoundroub, il lui accorda l'ordination et lui donna le nom de Sonam Gyatso. Ce fut Sonam Gyatso qui visita la Mongolie et qui impressionna tellement son souverain, Altan Khan, que celui-ci et tous ses sujets se convertirent au bouddhisme. Le Khan lui donna le titre de « Dalaï Lama », ce qui signifie « lama océan » en mongol. Bien qu'il fut le premier à être appelé ainsi, il fut reconnu par la suite comme étant le troisième Dalaï Lama, ces deux incarnations précédentes, Djé Guèndoundroub et Djé Guèndoun Gyatso, acquérant le titre de premier et deuxième Dalaï Lama à titre posthume.
Lorsque Pantchèn Sonam Dragpa mourut, il demeura pendant quinze jours concentré en un seul point sur la claire lumière de la mort. Son corps diminua ensuite jusqu'à n'avoir plus que la taille d'un avant-bras et à partir de ce corps apparurent de nombreuses statues et reliques. Par sa manière de mourir, nous pouvons clairement comprendre qu'il avait atteint le corps illusoire et qu'il était vraiment un être pleinement éveillé.
NGATROUL DRAGPA GYALTSÈN
Ngatroul Dragpa Gyaltsèn était la réincarnation de Pantchèn Sonam Dragpa. Il vécut au monastère de Drépoung à la même époque que le cinquième Dalaï Lama, et ces deux lamas étaient des disciples du premier Pantchèn Lama, Losang Tchokyi Gyaltsèn. Il existe une autre relation entre eux, car Pantchèn Sonam Dragpa avait été le gourou principal du troisième Dalaï Lama et le cinquième Dalaï Lama était dans le même continuum mental que le troisième Dalaï Lama. Ngatroul Dragpa Gyaltsèn et le cinquième Dalaï Lama jouissaient d'un grand respect, ils étaient considérés comme étant des enseignants très purs et très précieux.
Ngatroul Dragpa Gyaltsèn étudia le soutra et le tantra principalement sous la conduite du premier Pantchèn Lama, et devint un grand érudit et un grand méditant. Il alla méditer dans plus de cent grottes et reçut de nombreuses visions directes des bouddhas, des bodhisattvas et des déités. Il fit un certain nombre de prédictions, y compris une qui indiquait qu'il deviendrait Dordjé Shougdèn. Ngatroul Dragpa Gyaltsèn mourut relativement jeune.
Un dirigeant politique
Dalaï Lama
L'hypocrisie
Suivez l'histoire de 30 ans de campagne politique du Dalaï Lama, visant à détruire une tradition vieille de plusieurs siècles, qui lui a été enseignée par son propre guide spirituel, ainsi que les efforts des personnes qu'il persécute parce qu'elles essaient de l'arrêter :
En résumé
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- Que se passe-t-il ?
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- Pourquoi cette supression religieuse ?
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- Rapports détaillés de discriminations en Inde
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- Qu'en disent les médias ?
La position du Dalaï Lama
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- Louanges aux bouddha de la sagesse Dordjé Shougdèn par le Dalaï Lama
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- Selon les mots du Dalaï Lama
Pourquoi ces événements ?
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- Les raisons du Dalai-Lama sont-elles valides ?
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- La position de Guéshé Kelsang sur le sectarisme
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- Le Dalaï Lama pourrait-il faire une erreur ?
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- Le Dalaï Lama est-il le seul leader spirituel dans le bouddhisme tibétain ?
Mesures pour rétablir la liberté religieuse
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- Lettre ouverte de Guéshé Kelsang
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- L'interdiction est illégale et anticonstitutionnelle
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- Rapports de presse et vidéos
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- Le Dalaï Lama poursuivi pour répression de la liberté religieuse
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- Un conflit avec une solution possible
Analyse de la situation
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- Démocratie ou théocratie ?
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- Le mélange de la politique et de la religion
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- Vénération d'un esprit ou pratique bouddhiste authentique ?
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- La liberté de religion
Preuves à l'appui
Les persécutions en 2008
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- Le vote récent qui a eu lieu et appel à l'aide
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- Campagne de signatures forcés et affaire des cartes d'identité
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- Persécutions des moines aux monastères de Sera
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- Humiliation publique de pratiquants du Bouddha de la Sagesse, Dordjé Shougdèn
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- Lettre au premier ministre indien – maltraitement
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- Requêtes sincères de moines à Mundgod
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- Lettre d'adeptes de Dordjé Shougdèn
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- Appel urgent venant du monastère de Sera
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- Soutien de la police indienne
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- Lettre de la Western Shugden Society au Monastères de Sera
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- Nouvelle vague de discriminations prévue dans les communautés laïques
Sites en lien
Dordjé Shougdèn
1. Pourquoi Dordjé Shougdèn est un bouddha ?
2. Image du mandala de Dordjé Sougdèn
4. Introduction à Dordjé Shougdèn
5. Les réincarnations précédentes de Dordjé Shougdèn
6. La nature de Dordjé Shougdèn
7. Les bienfaits de s'en remettre à Dordjé Shougdèn
8. La manière de s'en remettre à Dordjé Shougdèn