Dordjé Shougdèn

Le Bouddha de la Sagesse, protecteur de la tradition de Djé Tsongkhapa

Les raisons du Dalaï Lama sont-elles valides ?

 

Les raisons de l'interdiction du Dalaï Lama et les réfutations de ces raisons

 

Dans cette interview radio à Nottingham en mai 2008, le Dalaï Lama mentionne aimablement la plupart de ses raisons pour interdire la pratique de Dordjé Shougdèn. Étant une célébrité et un dirigeant politique, il obtient la plus grande part de temps d'antenne, mais nous avons fourni ci-dessous quelques réfutations pour chacune de ces raisons et espérons que vous aurez le temps et l'intérêt pour les lire. Nous aimerions débattre du sujet avec le Dalaï Lama lui-même selon une vraie coutume bouddhiste, mais il a refusé toutes tentatives de dialogue sur le sujet au cours des 30 dernières années. Merci de lire afin de décider par vous-même si les raisons sont valides ou non.

 

BBC Nottingham Mai 2008
Interview avec Tenzin Gyatso, le Dalaï Lama avec Sumeer Kalyani

 

Sumeer Kalyani : Bien sûr, avec la laïcité, arrive tout un point de vue différent de personnes d'horizons différents, par exemple à Nottingham nous avons vu des gens manifester qui n'étaient pas d'accord avec votre politique, par exemple des Tibétains qui disent que Sa Sainteté n'a pas fait quelque chose de juste. Quelle est votre réaction à ces personnes qui vous critiquent ? Comment faites-vous face à ces critiques ?

Dalai Lama : aah, c'est différent... le groupe Shougdèn ?

Sumeer Kalyani : Yes.

Dalai Lama :
En fait, strictement parlant, ce n'est pas la religion. C'est le culte d'un esprit. Donc en réalité moi-même depuis le début des années 50 jusqu'aux années 70, j'ai aussi vénéré (rires) par ignorance. Puis finalement je remarque ... cet esprit se produit pendant le 5e Dalaï Lama. Le 5ème Dalaï Lama, je pense que ça s'est passé au cours de sa vie, il sait, je pense, beaucoup mieux la réalité. Il a donc considéré que cet esprit est maléfique. Ainsi donc après je me suis rendu compte que, bien que sa propre autobiographie et aussi quelques-uns de ses écrits, ainsi que de nombreux lamas considèrent également que cet esprit est maléfique, donc il est resté ou a duré plus de 370 ans, mais il reste très controversé. Alors il est de mon devoir ou responsabilité morale de préciser, mais qu'ils écoutent ou pas, c'est selon eux. Ainsi, certaines personnes me critiquent, j'ai interdit ce genre de culte d'un esprit, ce n'est pas vrai. Je viens tout simplement préciser quelle est la réalité, car si nous sommes adeptes de la tradition Nalanda, nous ne sommes pas adorateur d'un esprit. Il y a donc une sorte de danger, je le sens dans mon oeil, la dégénérescence, la pure tradition Nalanda va finalement devenir comme le culte d'un esprit. Ce n'est pas bon

Et puis un autre point est sectaire. Le disciple de cet esprit, par exemple, parmi la secte des chapeaux jaunes qui le vénèrent, il y a des histoires, toute personne qui ne fait que conserver un texte d'une autre tradition dans sa chambre, cet esprit vous fera du mal, cette sorte de chose. Alors une pratique sectaire très forte. Par conséquent mon approche est la promotion du non sectaire. Moi-même j'ai reçu des enseignements de toutes sectes différentes bouddhistes tibétaines, comme cela. Certaines très, très critiques. Certaines me décrivent même comme le destructeur du bouddhadharma (rires), ok… de toute façon cette expression qu'ils utilisent, la liberté d'expression, bienvenue, très bien.

Sumeer Kalyani :
De toute évidence, en dépit de la protestation, en dépit des critiques, vous avez une telle masse qui vous suit, les gens affluent dans des lieux comme ici à Nottingham. Quel est le secret de votre succès ? Comment attirez-vous autant de monde vers vous ?

Dalai Lama :
Je ne sais pas, je ne sais pas. Une chose que je ressens, j'ai toujours parlé avec franchise, simplement et honnêtement, peut-être je pense qu'enfin les gens réalisent que cette personne parle sincèrement (rires) ce pourrait être un facteur

 

Arguments contre ces raisons

  1. La pratique de Dordjé Shougdèn n'est pas une « religion », c'est le « culte d'un esprit »
  2. La pratique de Dordjé Shougdèn cause la dégénérescence de la tradition pure Nalanda
  3. Le cinquième Dalaï Lama considérait Dordjé Shougdèn comme un "esprit maléfique" (et le treizième Dalaï Lama a interdit la pratique)
  4. De nombreux lamas du passé ont considéré Dordjé Shougdèn comme un esprit maléfique
  5. Ce culte est resté très controversé pendant plus de 370 années
  6. « Ce n'est pas vrai » que le Dalaï Lama a interdit la pratique de Dordjé Shougdèn
  7. La pratique de Dordjé Shougdèn est sectaire
  8. Dordjé Shougdèn est hostile au gouvernement du Dalaï Lama

1. La pratique de Dordjé Shougdèn n'est pas une « religion », c'est le « culte d'un esprit ».

 

Dire que la pratique de Dordjé Shougdèn n'est pas une « religion », est une insulte manifeste aux croyances de nombreuses personnes, pas seulement les pratiquants bouddhistes de Dordjé Shougdèn (qui ne sont pas des adorateurs d'un esprit) mais également aux autres pratiquants d'autres religions dans le monde entier qui peuvent comporter le culte d'un esprit, y compris l'ancienne tradition Bon du Tibet

 

La plupart des centaines de milliers de personnes qui s'en remettent à Dordjé Shougdèn sont des bouddhistes purs dans la tradition of Djé Tsongkhapa, le fondateur de la tradition Guéloug du bouddhisme tibétain. Les autres sont des bouddhistes purs des traditions Sakya et Nyingma du bouddhisme tibétain.

 

Ceux-ci considèrent Dordjé Shougdèn comme étant un protecteur du dharma, une émanation du bouddha de la sagesse, Mandjoushri, dont la fonction spécifique est de protéger les réalisations ou les expériences bouddhistes, ou dharma, dans les esprits de pratiquants.

 

Le Dalaï Lama parcourt le monde en expliquant la tolérance religieuse mais il ne reconnaît pas la contradiction entre ses paroles et ses actes d'intolérance contre des Tibétains en interdisant une ancienne pratique religieuse, chère à leur cœur.

 

De nombreux grands enseignants bouddhistes, ou lamas, y compris le propre enseignant principal du Dalaï Lama, Tridjang Rinpotché, ont rédigé de longues preuves démontrant comment cette déité bouddhiste était spéciale et a une longue histoire de protection du dharma, les enseignements de Bouddha. Le fait que de nombreux lamas passés et contemporains (y compris même le cinquième Dalaï Lama !) ont reconnu Dordjé Shougdèn en tant que déité digne de « culte » est suffisant pour leurs disciples.

 

En effet, déterminer si Dordjé Shougdèn est un bouddha ou non est au-delà de la portée des politiques publiques. Néanmoins, de nombreuses personnes ont choisi de suivre les croyances exposées par de nombreux grands lamas précédents et contemporains du Dalaï Lama qui ont revendiqué et continuent d'affirmer qu'il est un bouddha. Insulter ces croyances et ces grands maîtres n'est pas un acte de tolérance religieuse

 

[En outre, à un autre niveau d'ironie, cette accusation apparaît un peu bizarre quand on se souvient que le seul monastère / temple dédié entièrement à un esprit est le monastère Namgyal. C'est le monastère personnel du Dalaï Lama, où demeure Netchoung, qui a été déclaré en tant qu'esprit mondain par le Dalaï Lama lui-même, le Dalaï Lama ayant également clairement établi que les conseils de l'oracle de Netchoung ne sont pas toujours fiables. Néanmoins, des expiations sont faites à Netchoung avec de grandes offrandes et des rituels chaque jour au monastère de Namgyal et il est très souvent invoqué par divers oracles, certains disent même plus que jamais. Si nous regardons les déclarations complètement et tout à fait contradictoires que Netchoung a faites à propos de Dordjé Shougdèn lorsqu'il a conseillé au Dalaï Lama d'abandonner la pratique, ou la funeste erreur de prédiction que le Tibet serait libre d'ici l'an 2000, on peut en effet s'inquiéter du culte d'un esprit dans des endroits apparemment inattendus !]


2. La pratique de Dordjé Shougdèn cause la dégénérescence de la tradition pure Nalanda  

 

Le Dalaï Lama affirme qu'il suit la « Tradition Nalanda », et cette déité cause d'une certaine façon la dégénérescence de celle-ci, mais il ne donne absolument aucune raison ou preuve à l'appui de cette allégation.

 

Ironie du sort, le Dalaï Lama sait-il qui était le dernier abbé de Nalanda ? C'était Shakya Shri Bhadra, qui était la précédente incarnation de Buton, qui était la précédente incarnation de Dulzin Dragpa Gyaltsen, qui est apparu par la suite en tant que Dordjé Shougdèn. Cela ne fait aucun doute.
(http://www.dechen.org/articles/html/shakyashri.html)

 

C'est le Dalaï Lama qui fait dégénérer le bouddhisme en prenant cet avis des oracles d'état comme quoi Dordjé Shougdèn est un esprit maléfique (voir ci-dessous) plutôt que l'avis de son propre enseignant principal, ou gourou racine, Tridjang Rinpotché. (Dans le bouddhisme, on dit que s'en remettre au guide spirituel est la « racine » de la voie bouddhiste de l'illumination.) Tridjang Rinpotché a toujours maintenu que Dordjé Shougdèn était un être éveillé et, selon ses proches disciples, il était « déçu » quand le Dalaï Lama a abandonné la pratique (le Dalaï Lama a attendu qu'il meure avant d'instituer l'interdiction).

 

La principale dégénérescence qui se produit est le conflit sans précédent, et cela peut être facilement vérifié avec les rapports sur la discrimination et la mésentente dans les colonies tibétaines et les monastères. Les communistes ont détruit de nombreux monastères, cependant la tradition a bien prospéré à l'intérieur sous la direction de Tridjang Rinpotché et de Ling Rinpotché (les enseignants du Dalaï Lama, tous deux pratiquants de Dordjé Shougdèn) et d'autres grands lamas (beaucoup d'entre eux étant des pratiquants de Dordjé Shougdèn) en exil. 

 

Ce qui se passe maintenant, par la volonté d'induire en erreur et d'inciter à la mésentente, avec de lourdes actions politiques menées, des discriminations et de la désinformation, est en train de ruiner la vie de milliers de personnes. Cela a causé des problèmes sans précédents dans les monastères du sud de l'Inde et continue à tourmenter les pratiquants au Tibet, en Inde et partout dans le monde.

3. Le cinquième Dalaï Lama a estimé que Dordjé Shougdèn est un « esprit maléfique » (et le treizième Dalaï Lama a interdit la pratique)

 

Ce que les gens pensent de Dordjé Shougdèn n'a pas vraiment d'importance. C'est contraire à la constitution indienne, à la constitution tibétaine et à la déclaration des droits de l'homme des Nations Unies d'empêcher la liberté de culte d'une déité. Croire est un droit humain personnel et inattaquable. Les gens sont libres de vénérer un arbre, si c'est leur souhait.

 

Mais il y a certains niveaux d'ironie à utiliser le cinquième Dalaï Lama comme une raison pour soutenir que Dordjé Shougdèn est un esprit maléfique. Dans l'interview, le Dalaï Lama ne donne même pas la moitié de l'histoire, à savoir que le cinquième Dalaï Lama a écrit dans sa propre autobiographie que le soi-disant « esprit maléfique » est né d'un lama hautement respecté, Toulkou Dragpa Gyaltsen, qui a été assassiné par l'administration du cinquième Dalaï Lama, et que par la suite au cours de sa vie, le cinquième Dalaï Lama a changé d'avis à propos de la nature de Dordjé Shougdèn et qu'il lui a écrit une prière en tant de Protecteur éveillé. Il lui a également offert un temple à Lhassa, appelé Trode Khangsar qui existe encore aujourd'hui, et il a créé de ses propres mains une statue qu'il a placée dans le monastère appelé Phelgyeling (au Népal, et qui est maintenant en train d'être détruit par les disciples du Dalaï Lama).

 

Ailleurs, le Dalaï Lama affirme qu'il suit également la tradition du treizième Dalaï Lama en interdisant la pratique. Toutefois, le treizième Dalaï Lama n'a jamais interdit la pratique. Après avoir condamné Dordjé Shougdèn, le treizième Dalaï Lama aurait changé d'avis sur la question et repris lui-même la pratique (Exploring New Religions, page 239).

 

La biographie du treizième Dalaï Lama ne mentionne aucune interdiction de Dordjé Shougdèn ou de son oracle. Au contraire, elle mentionne les conseils donnés par Dordjé Shougdèn à travers l'oracle à Tromo Dungkar Gonpa, que le treizième Dalaï Lama appréciait et suivait ('phags.pa 'jig.rten dbang.phyug gi rnam.sprul rim.byon gyi 'khrungs.rabs deb.ther nor.bu'i 'phreng.ba.bzhugs.so, compilé par Phurchog Yongzin Thubten Jampa Tsultim Tenzin, Dharamsala, 1984, pp. 621, 630 et 648). En outre, à aucun moment le treizième Dalaï Lama n'a fermé le Trode Khangsar à Lhassa, une résidence de Toulkou Dragpa Gyaltsen que le cinquième Dalaï Lama avait autorisé à être transformé en un temple du protecteur spécial pour Dordjé Shougdèn.

 

Le treizième Dalaï Lama avait une grande foi en Tomo Guéshé Rinpotché, un pratiquant de Dordjé Shougdèn bien connu, qu'il appelait une « manifestation de Djé Tsongkhapa ». D'après les pages 620 et 649 de l'autobiographie du treizième Dalaï Lama, Dordjé Shougdèn est venu spontanément à travers l'oracle en transe de Tromo Dungkar Gonpa en face de Tomo Guéshé Rinpotché et l'a informé d'un danger d'agression étrangère contre le Tibet. Dordjé Shougdèn conseillait de rénover deux stoupas, « celui de l'Est et celui de l'Ouest ». Après avoir reçu le message, le treizième Dalaï Lama a immédiatement rénové le grand stoupa en or de Gandèn et le Potala à Lhassa. Le Potala est immense, ce n'était donc pas un mince exploit ! Dans son autobiographie, le treizième Dalaï Lama a fait l'éloge de Tomo Guéshé Rinpotché pour l'avoir aidé à éviter une éventuelle crise nationale.

 

En tout état de cause, même si le Dalaï Lama avait raison sur cela (ce qui n'est pas le cas), les 6ème, 7ème, 8ème, 9ème, 10ème, 11ème et 12ème Dalaï Lamas n'ont pas interdit la pratique, donc la prépondérance précédente est envers l'autorisation de la pratique.

 

4.  De nombreux lamas du passé ont considéré que Dordjé Shougdèn est un esprit maléfique

Le Dalaï Lama fait une brève mention dans cette interview qui reflète un nombre d'assertions suggérant que d'importants lamas au cours des dernières 370 années, ont mis en garde contre Dordjé Shougdèn. Ces affirmations sont toutes non fondées et les preuves qu'il a fournies ne tiennent même pas indirectement contre Dordjé Shougdèn. L'exemple du cinquième Dalaï Lama est donné ci-dessus. Phurchok Ngawang Jampa ne dit rien à propos de Shougdèn ou « Dholgyal » dans son histoire des quatre grands monastères. Trichen Ngawang Chokden ne mentionne jamais spécifiquement Dholgyal. Tout ce que Yongzin Yeshi Gyaltsen mentionne est un nouveau protecteur, il n'y a rien à propos de Shougdèn ou « Dholgyal » dans son oeuvre. Loin de dire que Dordjé Shougdèn est nuisible, dans son œuvre Ngulchu Dharmabhadra répond à une question au sujet de Dholgyal et Ganden Lha Gyema dans laquelle il confirme que Toulkou Dragpa Gyaltsen est Dordjé Shougdèn, apparaissant sous la forme de Mandjoushri courroucé (un bouddha de la sagesse). Et ainsi de suite.

5. Ce culte est resté très « controversé » pendant plus de 370 années

Le Dalaï Lama a omis de fournir quoi que ce soit à l'appui de cette allégation. La controverse ne s'est produite qu'au cours des 30 dernières années après que le Dalaï Lama se soit prononcé publiquement contre la pratique de Dordjé Shougdèn, même si c'est une pratique privée. Au lieu d'essayer de résoudre tout différend à ce propos de façon privée lors d'une discussion entre personnes, y compris ses propres enseignants, il l'a porté en public comme un problème qui crée une division.

 

Dordjé Shougdèn a même été pratiqué par les adhérents de Nyingma (qu'il est supposé attaquer) depuis de nombreuses générations à Gyasumdo au Népal sans aucun conflit de sectes. Cela a été décrit dans l'œuvre de l'anthropologiste Stanley Mumford « Le dialogue Himalayen » dans lequel il a également observé la controverse exposée à la fin des années 70 : « Récemment, le Dalaï Lama, en tant que dirigeant du peuple tibétain a porté un jugement historique. Il a décidé que la déité gardienne appelée Shugs-ldan, est non seulement trop dangereuse, mais il a également soutenu une violente rivalité entre les factions des ordres religieux Guélougpa et Myingmapa » (pages 134-135.  Madison: University of Wisconsin Press, 1989).


6.  « Ce n'est pas vrai » que le Dalaï Lama a interdit la pratique de Dordjé Shougdèn

Ces mots dans l'interview ne peuvent être qualifiés que de mensonges. « Alors, il est de mon devoir ou responsabilité morale de préciser, que ce soit écouté ou non, c'est selon eux. Donc, certaines personnes me critiquent, j'ai interdit ce genre de culte d'un esprit, ce n'est pas vrai. »

 

Cela n'a jamais été « selon » que l'on écoute ou non, tout le monde a été obligé d'écouter et d'agir en fonction, des milliers et des milliers d'entre eux, contre leur gré. Et le Dalaï Lama a très clairement interdit la pratique.

 

Quelques exemples :

 

10 mars 1996, au cours des enseignements annuels au temple Thekchen Choeling à Dharamsala, le Dalaï Lama impose une interdiction du culte de Dordjé Shougdèn : « Que ce soit en dehors du Tibet ou à l'intérieur du Tibet, cette déité est en désaccord avec notre gouvernement, ce qui est grave dans le contexte de la cause commune du Tibet. Il sera bon de vous conformer (avec ce que nous disons) sans que nous devions recourir à cette dernière étape. Ce sera le dernier recours si nous devons frapper à vos portes si vous ne suivez pas ce conseil. »

 

19 – 21 novembre 1996, le Dalaï Lama se rend dans le sud de l'Inde pour rendre visite aux monastères tibétains de Mundgod, sans la traditionnelle requête, ce qui est sans précédent pour un Dalaï Lama. La Dordjé Shougdèn Society retient une démonstration pacifique dans l'espoir d'une réconciliation avec le Dalaï Lama. Ils présentent une requête au Dalaï Lama, mais l'audience leur est refusée. Le Dalaï Lama parle même de l'interdiction en des termes plus sévères et menace : « Vous pouvez avoir l'impression qu'en publiant des lettres, des pamphlets, etc. contre cette interdiction, le Dalaï Lama va révoquer l'interdiction. Ce ne sera jamais le cas. Si vous prenez une position dure, je vais renforcer cette interdiction encore davantage. »

 

Le gouvernement tibétain et tous les groupes en exil prennent position pour faire respecter ses souhaits. Des requêtes sont envoyées dans toutes les implantations tibétaines les obligeant à renoncer à Dordjé Shougdèn en 1996.

13 janvier 1999, aux moines de Tridjang Labrang (la résidence de son enseignant, maintenant décédé) en Inde, qui remettent en question l'interdiction : « Il n'y aura aucun changement de ma part. Je ne révoquerai jamais l'interdiction. Vous avez raison. Ce sera comme la révolution culturelle. Si ceux qui n'acceptent pas l'interdiction n'écoutent pas mes paroles, la situation va empirer pour eux. Asseyez-vous et regardez. Cela ne deviendra que pire pour eux. »

 

En janvier 2008, par démagogie, il précipite un vote pour punir toute personne qui ne signe pas la pétition de renoncement à toute fidélité à Dordjé Shougdèn. En résultat, de nombreux moines sont éloignés des monastères. En tant que foyer principal, Do Khangtsen, appartenant au collège monastique de Ganden Shartse, est complètement retiré lui-même de l'établissement monastique. Ceci est sans précédent dans l'histoire de la tradition Guéloug.

 

Beaucoup de ségrégations et de persécutions ont eu lieu en résultat de cette interdiction et cela continuera chaque jour jusqu'à ce que le Dalaï Lama arrête son hypocrisie et pratique ce qu'il prêche, à savoir la liberté de culte.

7.  La pratique de Dordjé Shougdèn est sectaire

Puisque le but de prier Dordjé Shougdèn est de faire grandir l'amour, la compassion et la sagesse, et de surmonter les états d'esprit négatifs, y compris la haine, l'attachement et l'ignorance, il ne peut y avoir de lien entre Dordjé Shougdèn et la discrimination religieuse. La tolérance et le respect pour toutes les autres traditions sont grandement encouragés par Djé Tsongkhapa et son émanation, le protecteur du dharma, Dordjé Shougdèn.

 

Le sectarisme survient lorsqu'une tradition impose ses vues aux autres traditions. Les pratiquants de Shougdèn respectent la liberté des autres de pratiquer selon leurs souhaits. C'est le Dalaï Lama qui agit de manière sectaire en usant des instruments du pouvoir étatique pour obliger les autres à pratiquer en fonction de son point de vue.

Le sectarisme peut également être observé dans l'attitude exclusive du Dalaï Lama qui permet à n'importe qui dans le monde bouddhiste ou non bouddhiste, d'assister à ses enseignements, à l'exception de ceux qui prient Dordjé Shougdèn. 

 

Les disciples Guélougpa s'en remettent à Dordjé Shougdèn en tant que protecteur du dharma de la secte Guéloug ou tradition de Djé Tsongkhapa, mais cela ne signifie pas que c'est une pratique sectaire. Les pratiquants de Dordjé Shougdèn ne souhaitent que la liberté de suivre leur tradition en paix et rien ne prouve qu'ils aient été intolérants envers toute autre tradition. Dire que la pratique est sectaire est encore calomnier les nombreux grands défendeurs des enseignements bouddhistes des trois siècles passés, y compris le propre enseignant du Dalaï Lama, Tridjang Rinpotché.

 

De nombreuses déclarations ont été faites par les pratiquants actuels de Dordjé Shougdèn pour dire qu'ils accueillent et respectent toutes les traditions et le Dalaï Lama n'a fourni aucune preuve pour indiquer que ce n'est pas le cas. Selon le traducteur du Dalaï Lama dans les années 90, Helmut Gassner : « Lorsque pendant une réunion d'information anti-Dordjé Shougdèn en Suisse, le secrétaire privé du Dalaï Lama a esquissé l'image de trois cents ans de troubles avec ceux de Dordjé Shougdèn, quelqu'un lui a demandé de mentionner certains des incidents qui se sont produits au cours de cette période. Il a été incapable d'en citer un seul. »

 

Les aspects rituels de la pratique de Dordjé Shougdèn sont même également repris de la tradition Sakya, où elle a été amplement pratiquée jusqu'au 20ème siècle. Le Dalaï Lama dit que Dordjé Shougdèn est contre la tradition Nyingma, cependant comme il a été mentionné ci-dessus, la pratique de Dordjé Shougdèn était aussi pratiquée par certains disciples Nyingma, qui ont également été mis sous la pression de l'interdiction pour abandonner la pratique, comme mentionné dans le livre de Mumford. 

L'accusation selon laquelle cette pratique est sectaire incite maintenant certainement beaucoup plus à une division sectaire et à la mésentente que toute requête récitée à Dordjé Shougdèn en privé pour protéger simplement la tradition de Djé Tsongkhapa. L'interdiction du Dalaï Lama et la persécution qui s'ensuit, ont entraîné le plus grand schisme dans l'histoire du bouddhisme tibétain - les monastères, les communautés et les familles sont divisés d'une manière telle que de l'extérieur les gardes rouges de Mao n'auraient jamais pu atteindre.

 

Être non sectaire ne signifie pas que vous deviez recevoir des enseignements de toutes les autres lignées. Cela signifie respecter toutes les autres lignées (sans les actions sectaires des critiques et des discriminations en vers elles), tout en se contentant de la sienne. À cet égard, c'est le Dalaï Lama qui est sectaire et les pratiquants de Dordjé Shougdèn qui sont non sectaires.

 

8. Dordjé Shougdèn est hostile au gouvernement du Dalaï Lama

 

Une autre raison commune, qui n'a pas été donnée dans l'interview de Nottingham apparaît sur un « Bref résumé concernant les conseils de Sa Sainteté le Dalaï Lama au sujet de la pratique de Dolgyal (Shougdèn) », publié par le Bureau du Tibet, Tibet House, 1 Culworth Street, London NW8 7AF, May 2008

« L'histoire montre et les enquêtes de Sa Sainteté l'ont confirmé, que cet esprit est hostile au gouvernement du Dalaï Lama et l'a été depuis qu'il a été fondé par le 5ème Dalaï Lama. Surtout maintenant que les Tibétains font face à une lutte pour leur survie, c'est une erreur de vénérer quelque chose qui est hostile au gouvernement du Dalaï Lama. Par conséquent, c'est dans l'intérêt des Tibétains, en tant qu'ensemble, de s'abstenir de solliciter cet esprit hostile »

 

Cette institution, c'est-à-dire le gouvernement Gandèn Podrang, est révolue. Elle n'a aucune base légale ni reconnaissance officielle à ce stade. Elle n'existe aujourd'hui que dans la personne du Dalaï Lama (et sans doute son gouvernement en exil, qui comprend un grand nombre de sa propre famille). Comment Dordjé Shougdèn peut-il nuire à cette institution ? L'avenir de la lignée religieuse personnelle du Dalaï Lama n'est remise en question que par le Dalaï Lama lui-même, non par Dordjé Shougdèn.

 

Aucune explication n'est donnée sur la façon dont Dordjé Shougdèn nuit à l'institution du Dalaï Lama, c'est seulement une assertion.

 

Si le Dalaï Lama est censé être le chef politique de tous les Tibétains, alors sa persécution de plusieurs milliers de personnes de son propre peuple nuit certainement plus à l'institution que les prières privées des individus.

 

Aussi pour que la demande du Dalaï Lama pour la liberté religieuse ait plus de crédibilité aux yeux des Chinois, il faudrait que le Dalaï Lama lui-même protège la liberté religieuse, et non la détruise.

 

Les « enquêtes » du Dalaï Lama impliquent l'invocation de Netchung à travers l'oracle humain d'état, qui avait eu les choses suivantes à dire (peut-être que certaines d'entre elles ont été données lors d'une fausse transe ? C'est difficile de savoir.) :

 

1ère réponse de l'oracle d'état : « Dordjé Shougdèn une déité puissante, qui peut être vénérée uniquement par ceux qui ont des réalisations supérieures. Cependant vénérer cette déité dérangerait la déesse Palden Lhamo (une déité supérieure protectrice, qui ne possède pas d'oracle). »

2ème réponse de l'oracle d'état : « Il est approprié qu'un individu vénère la déité, mais pas un groupe. »

3ème réponse de l'oracle d'état : « Dordjé Shougdèn est une déité, adaptée aux autres, mais pas au successeur du 5ème Dalaï Lama et à ceux qui travaillent pour le gouvernement Gaden Phodrang établi par le 5ème Dalaï Lama. »

4ème réponse de l'oracle d'état : « Dordjé Shougdèn est un esprit né d'un moine Kagyupa qui détestait le gouvernement tibétain, et non la réincarnation de Toulkou Dragpa Gyaltsen. »

5ème réponse de l'oracle d'état : « Dordjé Shougdèn est l'esprit de Toulkou Dragpa Gyaltsen, dont le lien Samaya avec le 5ème Dalaï Lama n'était pas bon, donc il est dangereux pour ce gouvernement. »

6ème réponse de l'oracle d'état : « Toulkou Dragpa Gyaltsen était un bon lama, dont les œuvres de composition sont dignes de louanges, par conséquent Dordjé Shougdèn ne peut pas être l'esprit d'un tel maître.

7ème réponse de l'oracle d'état : « Toulkou Dragpa Gyaltsen lui-même était un faux Toulkou, qui est venu pour être candidat au titre de 5ème Dalaï Lama et n'a pas été choisi, mais grâce à la tactique intelligente de sa mère avec le premier pantchèn-lama Chokyi Gyaltsen, il a été reconnu comme la quatrième réincarnation du Pantchèn Sonam Dragpa (l'enseignant du 3ème Dalaï Lama), mais il était né maléfique, un esprit fauteur de troubles, pour nuire au gouvernement tibétain. »

 

Dans l'ensemble, il est difficile de voir comment le Dalaï Lama parle « franchement, simplement et honnêtement », et encore moins comment il est « sincère ». Une fois encore, nous lui demandons de lever l'interdiction sur cette tradition bouddhiste et de permettre à chacun la liberté de culte.

 

En outre, même si le Dalaï Lama avait dit : « Ils sont libres de choisir » (ce qu'il n'a pas fait, sauf aux journalistes occidentaux), des juristes des droits de l'homme ont dit en jugeant de la liberté religieuse, qu'il ne suffit pas que quelqu'un soit « libre de choisir » s'il ne peut pas exercer ce choix librement sans peur de sanction politique, sociale ou économique. Les pratiquants de Dordjé Shougdèn font face à de graves sanctions en raison de leur choix, ils ne peuvent donc pas choisir librement.

Un dirigeant politique

dalai lamaDalaï Lama

L'hypocrisie

Suivez l'histoire de 30 ans de campagne politique du Dalaï Lama, visant à détruire une tradition vieille de plusieurs siècles, qui lui a été enseignée par son propre guide spirituel, ainsi que les efforts des personnes qu'il persécute parce qu'elles essaient de l'arrêter :

En résumé

La position du Dalaï Lama

Pourquoi ces événements ?

Mesures pour rétablir la liberté religieuse

Analyse de la situation

Preuves à l'appui

Les persécutions en 2008

Sites en lien

Dordjé Shougdèn