Dordjé Shougdèn

Le Bouddha de la Sagesse, protecteur de la tradition de Djé Tsongkhapa

Vénération d’un esprit ou pratique bouddhiste authentique ?

 

Les pratiquants du bouddha de la sagesse Dordjé Shougdèn, ont été accusés de façon répétée d’être des adorateurs d’un esprit, ce qui est complètement faux. C’est aussi une insulte grave et même absurde car cela implique qu’ils ne sont pas des pratiquants bouddhistes purs, alors qu’en fait ils prennent refuge en Bouddha, le dharma et la sangha comme tout autre bouddhiste et ils pratiquent l’union du soutra et du tantra comme cela est enseigné dans la tradition de Djé Tsongkhapa.

 

Pour eux, Dordjé Shougdèn n’est pas un esprit mondain, mais un bouddha de la sagesse, une émanation de la sagesse de tous les bouddhas, apparaissant sous une forme courroucée pour protéger les pratiquants de leurs propres ennemis intérieurs que sont les perturbations mentales. Si d’autres veulent le considérer comme un esprit, c’est leur prérogative, mais c’est très non bouddhiste de calomnier et de persécuter ceux qui ne l’ont jamais considéré ainsi et qui entretienne avec lui une relation proche et emplie de foi, le considérant comme une émanation d’un bouddha.

 

La lettre de Guéshé Kelsang au rédacteur de Newsweek, 1997

 

SS le Dalai Lama prétend : « Personne ne devrait prier Bouddha pour un meilleur travail, mais ils vont vers Shougdèn pour obtenir de telle faveurs, et c’est là que c’est devenu comme le culte d’un esprit. »

 

Ce n’est pas vrai. De nombreux tibétains prient d’autres bouddhas tel que Tara et font des prières à d’autres protecteurs du dharma pour réussir dans leurs travails et pour ôter les obstacles. Pourquoi les pratiquants de Shougdèn sont-ils traités différemment ?

 

Dans la tradition kadampa, en particulier, nous ne prions pas pour des réalisations mondaines telles que la richesse, la réputation, le succès dans les affaires, etc. Nous prions pour le bien-être de tous les êtres et pour l’accomplissement de réalisations spirituelles.

 

SS le Dalaï Lama se contredit également. Précédemment il considérait Dordjé Shougdèn comme un bouddha et il lui a composé des versets de prières qui peuvent être vus aujourd’hui. C’est sa responsabilité de résoudre cette contradiction.

 

Une lignée spirituelle authentique

 

Si la pratique de Dordjé Shougdèn est dangereuse, il s’ensuit alors que Djé Pabongkhapa n’était pas un maître bouddhiste authentique, et s’il ne l’était pas, il ne fait pas de doute que ses disciples de cœur, Kyabjé Ling Rinpotché et Kyabjé Tridjang Rinpotché (le premier précepteur et le dernier précepteur de SE le Dalai Lama) n’étaient pas non plus authentiques. Ces trois lamas sont les lamas guélougpas les plus importants de ces derniers temps. S'ils ne sont pas des enseignants purs, il ne fait aucun doute que toute la pratique de la tradition guéloug n’est pas valide. C’est le point principal qui demande à être clarifié.

 

Quelques clarifications autour du présent débat concernant le Dalai Lama et Dordjé Shougdèn par Guéshé Kelsang Gyatso, 1996-8

 

Le Dalaï Lama dit : « Dordjé Shougdèn est un esprit mondain. Chercher l’aide d’un tel esprit affaiblit la façon bouddhiste de s’en remettre à ses propres efforts et peut dégénérer en une sorte de vénération d’un esprit ».

 

Guéshé Kelsang répond :

 

« Comment peut-il prouver que Dordjé Shougdèn est un esprit mondain ? Dans ces lettres, j’ai également demandé une preuve que Dordjé Shougdèn est un esprit mondain, mais encore une fois, je n’ai reçu aucune réponse claire. La seule raison qui a été donnée est que certains autres lamas l’ont dit. Ceci n’est pas une raison valide puisque certains autres lamas disent que Dordjé Shougdèn est le bouddha de la sagesse. »

 

Une réponse à la publication de Tséten Samdoup : « Controverse et clarification sur Shougdèn contre le pluralisme et l’unité nationale » venue du département de l’information et des relations internationales, Administration centrale du Tibet, Gangchèn Kyishong, Dharamsala 176 215, INDIA

 

Guéshé Kelsang : « Concernant le fait que Dordjé Shougdèn soit oui ou non un être pleinement éveillé, il ne peut y avoir de conclusion finale au travers d’un débat négatif, mélangeant la religion à des buts politiques. Cela est du au fait que, du point de vue de nombreuses personnes, c’est un être mondain, mais en même temps du point de vue de nombreuses autres personnes, il est le bouddha de la sagesse. Ce raisonnement s’applique non seulement à Dordjé Shougdèn, mais à tous les êtres saints.

 

Si quelqu’un vous demandait de prouver que le cinquième et le quatorzième Dalai Lamas sont des bouddhas, vous trouveriez certainement qu'il est très difficile de donner des raisons claires. D’un autre côté, si quelqu’un vous demandait de prouver que ces deux lamas ne sont pas des bouddhas, vous pourriez facilement donner une réponse claire. Vous pourriez dire : ce ne sont pas des bouddhas parce qu’ils ont besoin de traducteurs, ils tombent malades, ils sont incapables de prendre leurs propres décisions mais doivent s’en remettre à celles des oracles, et parfois, ils peuvent même se mettre en colère. Comment un bouddha peut-il être en colère, malade et ainsi de suite ? Les bouddhas n’ont pas besoin d’oracles ? Parler de ce sujet est donc totalement dépourvu de sens et ne fait que détruire la paix et l’harmonie dans les milieux bouddhistes. »

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